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Elle marche. Elle marche. Elle marche. Pour les animaux.




Mercredi, 13 novembre 2019


Charlotte est repartie ce matin. Après quatre jours passés avec nous au Sanctuaire La Garie. Après avoir accueilli, le dimanche dernier, une quarantaine de personnes venues du pays et d’ailleurs. Après avoir partagé son ressenti par rapport au traitement des animaux dans notre société, et après avoir écouté les autres – agriculteurs, éleveurs, chasseurs, militants et simples citoyens.


Aujourd’hui, Charlotte Arnal a repris son chemin. Elle continue sa marche à pied, elle sillonne la France, à la rencontre de femmes, d’hommes et d’enfants – à la campagne, dans les villages, dans les villes. Charlotte Arnal interroge les gens et récolte leurs témoignages par rapport à leur considération des animaux.


Le 4 octobre 2020, journée mondiale des animaux, après avoir parcouru 2500 km, elle portera les témoignages à l’attention de l’Assemblée générale et demandera l’inscription de la protection des animaux dans la Constitution française. Vous pouvez suivre son projet sur www.humanisma.life et sur https://www.facebook.com/humanismalife.


Ça marche pour les animaux ?


Tandis que 89% des Français jugent la cause animale importante, 100.000 animaux de compagnie sont abandonnés chaque année, 1,3 milliards d’animaux périssent dans les abattoirs, et les abeilles et oiseaux disparaissent en masse. On continue à faire la fête autour de la tuerie de la corrida. On applaudit des dompteurs parce qu’ils font de jolis numéros avec des animaux sauvages dans les cirques. On chasse des animaux dans la nature parce que leur supposée surpopulation nous gêne. On élimine un loup ou un ours parce qu’il tue quelques brebis – des brebis qui sont de toute façon destinés à une mise-à-mort certaine par l’homme.


Comment fait-on pour faire avancer la cause des animaux ?


La majorité des gens se montrent sincèrement attachés à leurs animaux de compagnie. Des centaines d’associations et des centaines de milliers de personnes s’associent activement à la protection animale au niveau de leur village ou de leur région. De plus en plus, les citoyens remettent en question l’utilité nutritionnelle de la viande et s’insurgent contre le sort infligé aux animaux dans les élevages industriels et les abattoirs. Les gens s’inquiètent sérieusement par rapport à la disparition des abeilles et des oiseaux.


Charlotte Arnal, elle marche.


Une prise de conscience est en cours. Quelques avancées sont faites. Mais, les animaux sont toujours traités comme des êtres de second ordre. Même si on dit les aimer et les respecter, on les tue, on les mange. On a du mal à comprendre notre responsabilité individuelle par rapport à la souffrance subie par des millions d’animaux dans des cages, dans les élevages industriels, dans les abattoirs. Il parait difficile de voir cette violence en face et donc on l’écarte de notre esprit quand on pose une brochette sur le barbecue ou quand on mange un sandwich au jambon.


Et donc, Charlotte elle marche.


Tout au long de son périple de douze mois, Charlotte rencontre des militants mais aussi et surtout des gens pour qui l’animal est un simple maillon dans une chaîne économique. Au lieu de se cloîtrer dans sa conviction la plus profonde, elle est à l’écoute, elle veut comprendre ce qui anime les gens, et elle partage en douceur ses sentiments. Elle se pose la question si notre pays serait vraiment incapable d’évoluer, comme certains le prétendent invoquant notre culture collective et les traditions des terroirs.


Elle marche pour l’ouverture des esprits


Dans le débat public, les discours s’enflamment facilement. Dans l’opposition des idées, les opinions se retranchent et semblent immuables. Pour les médias, le buzz des extrêmes fait de l’audience. Dans la foulée, rien ne change et les animaux continuer à trinquer. Charlotte fait ce constat et refuse de l’accepter. Elle pense que rien n’avancera sans écoute et sans dialogue. Dans la douceur d’une conversation a bâtons rompus, l’empathie pour les points de vue des uns et des autres peut s’installer. Et c’est nécessaire pour que les choses évoluent.


Marcher la France, c’est faire le don de soi.


Un geste désintéressé et fort. Un effort qui commande respect et admiration. Une démarche qui non seulement lui permet de sentir les pulsions dans le pays mais aussi de s’écouter et de se mettre en question par rapport à ses propres choix.

Pour Charlotte, sa marche à pied à travers la France c’est aussi la démonstration qu’une cause juste et essentielle dépasse de loin l’importance de sa personne.


Ô combien ta démarche est importante pour ce monde, Charlotte ! Et ô combien les gens vont te suivre, te soutenir, t’aimer – même si tu écartes ta personne de l’équation.


Ce matin, tu as dit au revoir aux animaux du Sanctuaire La Garie. Tu as vu dans leur regard qu’ils te savaient là pour quelque chose d’important. Ils ont capté ta sensibilité, tout comme tu as capté la leur.

Continue ta marche, Charlotte. Nous sommes tous là avec toi jusqu’au bout. Et nous ne serons pas seuls.




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